Après les béguines

Ses volets s’affaissent un peu. L’été, sa peinture craque et sa pierre brûle. Mais sa façade reste fière sous le soleil aoûtien. Elle en a vu d’autres. Et puis elle est du sud. De là où les cigales chantent, le mistral guette, les apéros chantonnent.

Elle nous regarde, impassible. Hier encore elle abritait des béguines, aujourd’hui elle exauce d’autres voeux. Elle prête l’oreille aux vacanciers venus se reposer dans ses bras. Elle absorbe les cris des enfants heureux, leur tend sa pelouse pour les petites confidences. Elle fait la muse pour les aquarelles du docteur caché sous son panama, accepte aussi de se noiricir un peu à la fumée du barbecue. Elle se fait refuge et suspend nos âmes comme le linge qui sèche sur sa terrasse.

Au fil des ans elle s’est fait un peu plus moderne, connectée aux ondes des mangeurs de wifi. Elle a la beauté du temps qui ne s’oublie pas et continue de guetter le jour d’après.

Elle est d’ici et nous sommes d’ailleurs, mais elle nous fait nous sentir chez nous.

Elle est notre maison de vacances, notre abri pour une semaine hors du temps, pour des siècles de rêves qui prendront leur envol en hiver…

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