Maman, j’veux être une rock star

stones
Maman, j’veux être une rock star. C’est décidé, depuis que j’ai vu les Rolling Stones en concert mardi soir, j’veux être une rock star. J’veux naître sous les applaudissements de la foule, fébrile à en vomir avant que le rideau se lève. Me lancer dans la lumière qui m’attend, et vivre enfin.

Maman, j’veux être une rock star pour les voir danser, ceux qui d’habitude ont peine à sourire. Je les ai vus si heureux qu’ils se levaient de leurs chaises et se moquaient des regards du stade Vélodrome tout entier. Pendant la journée ils osaient à peine aller faire leur pause clope entre deux réunions, et là ils se trémoussaient comme à leur premier spectacle de danse dans les années twist. J’veux être à l’origine de ce bonheur retrouvé et les faire se lever encore.

Maman, j’veux être une rock star pour briller de ma folie et ne pas ternir dans ma sagesse. J’veux avoir le même génie que ces gars-là qu’on aime pour leurs cris, leurs déhanchés patibulaires, leurs langues tirées face à la caméra. J’veux que le public m’appelle pour faire grandir mon cri à moi, et qu’on chante ensemble à en devenir sourds.

Maman j’veux être une rock star pour ne pas avoir à chercher la lumière et qu’elle me suive simplement quand je déambule sur la scène. J’veux qu’on déplace le projecteur à ma place et que sous sa chaleur, le bonheur devienne une évidence. J’veux être comme Mick et briller qu’importe le jour, le mois ou l’année.

Maman j’veux être une rock star pour vieillir comme eux. Entre potes, entre fous, debout malgré les rides et les jambes qui ne tiennent plus tout à fait. J’veux pouvoir fredonner les chansons de mes vingt ans sans lifting au cœur et qu’on m’aime parce que ma voix vieillit, comme Bonnie Tyler.

Maman j’veux être une rock star pour que ça continue, encore et encore. Que chaque jour la musique et l’écriture m’appellent malgré les fausses notes, les concerts loupés, les dates annulées.
J’veux faire comme les Rolling Stones, maman. Tirer la langue, mettre des paillettes, et jouer au bonheur comme quand j’avais 5 ans, sans penser à demain.
Et faire semblant de croire qu’une histoire qui dure ne s’arrête plus jamais.

 

 

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