Les yeux des enfants

Les vacances ont pris fin dans le Luberon. C’était le lieu parfait pour mettre un terme aux aventures de ces trois dernières semaines. Le Luberon. Il n’y a pas beaucoup d’endroits où je peux être plus heureuse. Pas beaucoup de d’endroits où je me sens si complète, si moi.

Ici les paysages ont des allures de Toscane et les souvenirs familiaux ont souvent donné vie aux rêves de mes parents. Ici il y a tant. La beauté des villages de cartes postales, bien sûr. La parole donnée à la terre, aussi. Elle vous prend à la gorge au détour des sentiers poussiéreux. Elle fait chanter les vignes et plie sous le soleil écrasant mais ne rompt pas… elle crie « je suis là depuis des siècles, j’ai vécu bien avant vous, j’en ai vu d’autres ». Quand l’heure dorée arrive, elle me chuchote les plus belles histoires et les meilleures heures avec eux : mes frères et sœur, mes parents, et tous ceux qui ont découlé de cet amour immense qui, autrefois, se résumait à nous six.

Durant ces derniers jours de vacances, j’ai posé mes valises ici en écoutant les bandes sons familiales. En quelques minutes, j’ai tout retrouvé… Les yeux des enfants pleins de piscine. Les adultes s’affalant dans le jardin immense. Derrière les haies de pin, un monde résistant à la chaleur aoûtienne, mais qu’on n’entend plus vraiment. Les chemins brûlants entourant la demeure de nos retrouvailles, et devenus pour quelques jours nos frontières. Les sorties tôt le matin pour caresser la beauté d’ici et goûter aux marchés colorés. Les tablées s’étirant sous les arbres, bordées d’affamés se déplaçant au gré des ombres.

Les yeux des enfants pleins d’inventions, certains dessinant et d’autres faisant de la musique. Les histoires se racontant et s’épanouissant dans le vent ou sous la lune.

Les yeux des enfants pleins d’aurevoirs, enfin, car ici tout commence et finit pourtant si vite. Et en miroir, les mots rassurants des adultes se mêlant à la terre pour faire un pont vers l’après : « sois triste mais ne rompt pas, derrière les haies de pins, des chemins gorgés de soleil t’attendent, et avec un peu de chance et d’envie, des étés comme ça, tu en verras beaucoup d’autres… ».

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