
Mon Simon,
On est en juin 2024 et c’est l’ère des réseaux sociaux, ces espaces où on balance ce qu’on veut sur sa vie, sur ce qu’on veut bien dire et montrer aux autres. On maîtrise encore si peu tout ça même si on fait semblant, et quand tu auras mon âge tu regarderas sûrement toute cette agitation étrange très différemment. Mais il y aura des choses qui ne changeront jamais. Et puisqu’il faut faire avec ce qu’on a aujourd’hui, faisons de cet espace le lien entre aujourd’hui et 2053. Entre nous deux dans le temps.
Mon Simon,
Si tu as quarante ans et que tu me lis comme j’épiais moi les vieux albums photos de mes parents, sache que j’ai toujours cru en toi. Je crois en toi. Tu as dû traverser bien des orages. Peu importe ce que le monde t’a dit ou fait, je crois en toi et je croirai toujours en toi. Ton frère et toi, chacun à votre manière, vous êtes devenus ma religion.
Simon, ce soir je t’ai demandé ce que tu voyais quand tu te regardais dans le miroir. Tu as répondu « Ça va. C’est convenable ». Tu te souviens de ce moment ? Regarde encore, regarde bien. Si tu ne vois toujours pas ce que je vois moi quand j’écris ces mots, alors regarde encore. Ne t’arrête pas aux reflets des autres, à ce qu’ils te renvoient. Depuis les cours de récré jusqu’aux salles de spectacle, il y aura toujours des coins d’ombre. Guette les projecteurs. Va vers ceux qui te portent et t’animent. Trouve ceux qui voient en toi au-delà du « convenable ».
Tu sais, moi ça fait des années que je dois sortir ce roman. Je laisse traîner tout ça, par manque de courage souvent, mais peut-être aussi parce que ça laisse intacte cette étincelle au bout du chemin, ce rêve que je porte depuis l’enfance.
Rien ne presse. Ne laisse pas les autres écrire ton histoire ni battre la mesure. Prends le temps d’être toi. Je crois en toi et je t’aimerai toujours. Laisse la pellicule se dérouler et tes rêves te porter. Et quand tu seras prêt, montre-leur.
Je suis si fière de toi.
Ta maman qui t’aime.