
Mon Simon.
Quelle aventure, cette vie avec toi…
Tu es arrivé en deuxième et j’avais l’impression, il y a 11 ans, que je savais déjà tant sur la maternité, sur la manière d’élever un petit garçon, sur ce qui pouvait un peu nous attendre.
Mais finalement je savais si peu. Je savais Sacha et son soleil, ses mystères, ces premières fois qu’il nous offrait. Je savais l’amour, le miracle après l’attente.
Mais toi, je n’aurais pu t’imaginer. Mon Simon. Mon petit bonhomme. Mon artiste.
Tu me parles d’hyperréalisme au petit-déjeuner. Tu t’endors avec Stephen King. Et entre l’aurore et l’aube, tu inventes un monde que je ne soupçonnais pas. Il n’y a jamais assez à apprendre pour toi, jamais assez à connaître. Alors tu crées, tu interroges, tu bouleverses. Tu ne te contentes pas de ce qui est.
Et puis là, 11 ans. Un siècle peut-être déjà dans ta tête. Rien ne va assez vite. Tu commences à douter. A interroger le miroir. A na pas te satisfaire de toi. Tu entres dans cet âge du tourment.
Mais ne t’en fais pas. J’ai beau avoir le tournis, comme toi, face à ces années qui s’évanouissent, ces discours que tu tiens depuis la maternelle, ces philosophies que tu verses dans mon café du matin… je veille.
Je suis là et je m’émerveillerai pour tous s’il le faut. J’y croirai pour mille. Je t’aimerai pour toujours avec la force d’une première fois, car c’est finalement ce que j’ai appris avec toi : être une mère, ce n’est pas avoir toutes les réponses. C’est aimer sans savoir, sans même vouloir comprendre.
Être ta mère, c’est réaliser qu’entre l’aurore et l’aube, tout est à créer, et que le meilleur reste à venir.