La leçon

Ça fera bientôt dix ans que je donne des leçons. Du réveil au coucher, j’essaie de leur apprendre des tas de choses. Comment ne pas boutonner lundi avec mardi, comment faire ses lacets tout seul, comment manger proprement en gardant bien ses mains sur la table.

Il y a aussi les leçons plus existentielles. Apprendre les saveurs, dans l’assiette mais pas que. Insister sur la beauté d’un coucher de soleil, la force d’un après-midi dans les calanques, ensemble. Comprendre l’attente et l’apprécier aussi, savoir se précipiter parfois, quand la peur risque de prendre le dessus.


Il y a les leçons de bonheur et les résidus de rires, tout ce qu’ils apprennent souvent plus vite et mieux que n’importe quelle dictée d’école.
J’essaie de leur apprendre les bases et tout ce qui a pu m’aider moi, avec mes failles et mes limites, mes lacunes en maths et mon cholestérol de bonne vivante.


Puis il y a des moments où ça s’inverse. Comme depuis le début de ce confinement. Ces deux-là sont en train de me donner une vraie leçon, du réveil au coucher.
Grâce à leur bonne humeur intacte, on a beau perdre la notion du temps, lundi ne se boutonne jamais avec mardi. Chaque jour reste bien à sa place. On continue à savourer tout ce qui est sur la table, même sans les mains posées dessus. On se figure la beauté des calanques et on la redécouvre, du fond du canapé.


Ces deux enfants ne se sentent pas enfermés. Ils réinventent le monde à coups de legos et de dessins farfelus, ils rient tout en se laissant des réserves pour après.
Ils n’oublient pas les leçons existentielles non plus. « La vie passe trop vite, c’est pour ça qu’il faut profiter », répète Simon. « J’adore ma vie », murmurait hier Sacha en croquant ses œufs de Pâques. Ils pourraient compter les jours de printemps perdus, mais pour eux je vois bien qu’il n’y a qu’une saison, celle de l’enfance, et qu’aucun jour ne se perd jamais.


Ils me donnent une leçon et je me rends compte que si je leur ai appris la base, eux sont devenus la mienne.

2 réflexions sur “La leçon

  1. Holà Dorothée je viens de lire tes écrits pendant ce confinement et ça ne doit pas être facile avec tes amours de garçons …. J’ai passé un très bon moment en ces temps pas si faciles à vivre …. J’ai eu toujours autant de plaisir à te lire c’est facile ,plein d’espoir et de vie ….. Et quelle bonne idée ces photos ….. J’avais déjà eu le plaisir d’admirer tes deux garçons que ta maman m’avait montrés en photo lors de notre voyage au Sénégal …..
    Merci de nous régaler de tes écrits en ce moment où les librairies sont fermées ….
    Gros baisers à tous les quatre
    Catherine de Boissieu

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