Vers la transat et au-delà.

Faut pas croire.

Les transats, la mer, les buffets à volonté et les palmiers qui se trémoussent, ça n’endort pas tout et tout le monde. Sous les bourrelets qui s’accumulent et les coups de soleil qui nous tatouent toujours trop vite et trop fort, il y a des parties de nous qui résistent et qui se réveillent, même, en vacances.

Le premier jour, on hésite encore. Il faut le temps d’ouvrir les valises et de se décharger de ce qui reste encore de trop habituel en nous. Les horaires, les devoirs du quotidien, la normalité des jours qui s’alignent comme des dominos.

Puis on se laisse un peu absorber par le confort, le moelleux des serviettes d’hôtel plus douces que dans la pub Cajoline, la chaleur qu’on attendait comme une étreinte.

C’est une fois bien installés dans nos repos qu’on se réveille enfin.

C’est dingue ce que le ciel s’étale quand il recouvre nos transats. Un azur immense qui laisse la place aux rêves, aux « pourquoi pas », aux après. Un bleu qui ne se javélise pas et qui invite nos yeux plus hauts, toujours plus hauts…

Il y a aussi le choix du livre. Un roman de gare pour s’faire la malle sans se retourner, une bonne enquête pour se semer un peu soi-même, un bon classique pour trouver dans le passé ce qui pourrait faire le futur.

Moi, avec Céline en compagnon de route depuis quelques temps, je voyage au bout de la nuit et dans ma tête ça parle un peu comme lui. Ça me rappelle l’époque de mes séjours chez ma correspondante anglaise, quand je pensais dans la langue de Shakespeare jour et nuit.

Vautrée dans mon confort plein d’étoiles, je savoure étrangement les morceaux de crépuscule de Louis-Ferdinand, ses mots qui vous charcutent et vous mènent avec une passion obscure vers la page d’après.

Un bon livre de vacances, c’est comme un petit parapluie sur un cocktail d’été, ça met de la poésie autour des plaisirs simples.

Faut pas croire. A voyager au bout de la nuit ou bien ailleurs, on ne cherche pas vraiment à se reposer. Au contraire. On réveille les jours, on les rallume juste ce qu’il faut pour que le soleil nous tatoue dedans et nous poursuive, vers le transat et au-delà.

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