To be freelance or not to be.

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Avant, je travaillais en entreprise. Je bossais dans la com’ et je pensais que la vie professionnelle se résumait à « trouve-toi un CDI et sois bien payée ». Alors dès mon premier contrat à vie et ma première paye dans une entreprise du CAC 40, je me suis dit que j’avais réussi. Réussi à décrocher le graal et me mettre à l’abri pour les 40 prochaines années.

Mais très vite, j’ai compris que ça me mettait surtout à l’abri de moi-même, et je crois que, souvent, je me suis perdue en chemin. Contrat après contrat (un CDI peut en cacher un autre), machine à café après machine à café, conf call après conf call, j’ai oublié un peu pourquoi et comment j’en étais arrivée « là »…

J’ai commencé à regarder ce « monde de l’entreprise » avec un peu de distance, et j’ai très vite compris qu’il y avait un truc qui ne collait pas entre nous deux. Pas de manière apparente, non. Officiellement, j’ai toujours eu de bons contacts avec mes N+eux,  des feedbacks agréables, et des relations avec mes collègues plus que satisfaisantes. Mais au fond, je sentais bien que quelque chose « ici » m’obligeait à me résigner et à créer une sorte de personnage surhumain comme dans les jeux vidéo. Franchir les niveaux un à un et choper les bonus de vie, jusqu’à ce que le game soit over et mes mains trop ridées pour tenir les manettes.

Même si c’est très à la mode, je n’ai pas fait de burn out. J’ai globalement eu des rythmes de travail convenables, des missions intéressantes, j’ai même fait des rencontres en or. Mais il y a eu quelques déclencheurs…

Les matins agoraphobes dans le RER A, d’abord, à serrer les paupières et me promettre que tout ça ne durerait qu’un temps ;

Mes joues de plus en plus rouges, ensuite, à mesure que j’approchais de La Défense et des salles de réunion aux allures d’hôpital, où personne ne savait vraiment qui était le malade et qui devait faire le docteur ;

Les conversations remplies d’acronymes et vidées de sens, aussi, dans lesquelles j’aurais voulu me zigouiller ASAP ;

Puis, surtout, des regards et sourires tristes de collègues à la motivation usée ; des hommes et des femmes ordinaires, en face de ceux-là, devenus prédateurs dans un univers où les rôles peuvent s’inverser, où les privilèges de photocopieuse et les places dans la mailing list transforment des petits chefs en grands tyrans.

J’aurais pu écrire un livre sur tout ça. Mais il fallait en sortir complètement.
Certains peuvent être heureux dans le monde de l’entreprise, c’est un fait. D’autres ont une belle capacité à le transformer. Il n’y avait qu’à comprendre que ça n’était pas mon cas ni ma volonté, que je ne peux pas me définir comme carriériste, que je n’avais pas envie d’attendre les jours de RTT pour voir grandir mes enfants, que quelque chose en moi ne respire plus quand je suis « là-bas »…

Alors je me suis intéressée au monde des « freelances », ce mot qui ressemble au jargon utilisé dans le monde de l’entreprise, mais qui a le mérite de te glisser un petit murmure sympa à l’oreille : t’es « free » et tu te « lances » (capillotracté mais efficace quand on cherche une porte de sortie cool).

Comme il est évident que je suis hyper « free » et que la situation professionnelle de mon tendre époux m’a permis de me « lancer » sans trop de dommages collatéraux, je suis passée de l’autre côté. Je suis devenue freelance, enfin je veux dire que je travaille maintenant en home office et que je suis « presta » pour ceux qui sont restés de l’autre côté. Vous me suivez ? En fait c’est simple…

  • Je vis de ma passion : j’écris à longueur de journée et en plus je suis payée pour ça.
  • Je n’ai plus de réunion en salle B ni de N+10 : je discute sur Skype avec des interlocuteurs qui, comme moi, sont sûrement en short et tongs Havaïanas (ou pire) hors du champ de vision de la webcam.
  • Je n’ai plus de pause à la machine à café, je retrouve mes copines au PMU près de l’école (un QG comme les autres) ou ma guitare et mon piano quand j’ai besoin de faire un break (pour le plus grand plaisir de mes voisins).
  • J’ai perdu ma mutuelle employeur mais je me suis retrouvée moi, et j’ai beaucoup moins de frais de santé depuis.

Vous vous imaginez bien que tout cela est résumé grossièrement et qu’il y aurait beaucoup plus à dire sur les avantages et les inconvénients d’une telle situation. On pourrait peut-être même faire une réunion en salle C pour parler de tout ça et se faire des feedbacks en recueillant des tips & tricks sur nos expériences de vie. Mais c’est quand même plus drôle de lire un blog ou même de l’écrire. Vraiment, vraiment plus drôle…

Allez viens…

2 réflexions sur “To be freelance or not to be.

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