Le grand blond et le petit brun.

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Il y a le grand blond qui est arrivé en premier. Ses cheveux, c’est comme du soleil. Comme tout le reste depuis qu’il est né. Son père et moi, depuis la première seconde, on est tellement dingue de lui qu’on s’en oublie parfois. Depuis qu’il est là, près de nous, les nuits ont beau faire leur cinéma, la caméra reste braquée sur lui, et ça tourne sans s’arrêter. Un peu trop vite pour lui, même, sans doute. Si bien qu’il se cache parfois derrière le rideau, il voudrait bien qu’on laisse sa petite lumière s’épanouir en silence, à l’abri des regards.

Puis il y a le petit brun avec son allure de deuxième, prêt à discuter le titre. Il a des yeux chocolats qui percent son visage tout en rond. Ça fait fondre les unes et ça envoûte les autres, comme une invitation à la danse. Dans son manège, y’a plein d’histoires bizarres et de vérités qu’il invente. Ça donne parfois le vertige et ça fait rire aux éclats, ça vous touche droit au but comme une parole d’enfant qui n’aurait rien d’autre à faire que de se faire aimer. De sa bouche rouge comme un roudoudou s’exilent des mots faits pour casser nos silences. Certains se perdent à jamais, mais la plupart d’entre eux résonnent plus fort que tout le reste. Il prend l’espace et fait chanter nos vies. Il se bat pour une place qu’il a déjà dans nos cœurs, comme pour se rassurer chaque jour. Son rôle à lui, c’est d’envahir la scène du haut de son petit mètre.
Quand il s’endort, il soupire tel un petit guerrier qui baisserait les armes. J’aimerais que le monde entier voie son visage à cet instant. J’aimerais que vous puissiez sentir comme sa colère s’évanouit dans ma berceuse. Que vous sachiez quel spectacle c’est d’être une mère quand la paix s’installe enfin sous des paupières qui sentent encore le Mustella.

Avant eux, moi, j’écrivais sur des feuilles volantes. Je posais des mots qui s’échappaient et partaient pour nulle part. Maintenant, j’essaie d’accrocher des rêves au-dessus de leurs petites têtes. Je raconte des histoires pour qu’ils volent à leur tour, mon grand blond et mon petit brun. Qu’ils trouvent leur place dans le bonheur, comme je l’ai trouvée, depuis presque sept ans, auprès d’eux.

 

2 réflexions sur “Le grand blond et le petit brun.

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